Un été à Bornéo - Malaisie Orientale

La page des Chagos à peine tournée ; nous voici repartis vers de nouveaux horizons.

Bornéo, l'autre moitié de la Malaisie, légèrement plus grande que la Malaisie péninsulaire mais on n'y rencontre que 15% de la population totale du pays car plus des trois quarts de Bornéo est recouverte par la jungle abritant une faune et une flore unique. Paradis certes pour les amoureux de la nature... mais Bornéo, c'est aussi près de 2000 kms de côtes, une multitude d'îlots et de récifs qui défilent devant les coques de Lady Anne, inspiration principale des quelques lignes qui suivent.

Bien que ne regrettant nullement notre choix pour cet été 2011, Bornéo ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Et ce car nos critères personnels d'appréciation ne furent satisfaits que sur la côte Est de Bornéo, donc après bien quantité de milles nautiques à espérer l'arrivée d'un souffle de vent qui offrirait quelques intermèdes silencieux à des heures interminables au moteur.

2 états se partagent Bornéo ; Sarawak avec ses mouillages en eau trouble et Sabah où milles après milles l'eau s'éclaircie et îles et récifs coralliens deviennent de plus en plus nombreux. On peut alors commencer à mettre la tête sous l'eau pour y découvrir une incroyable variété de coraux multicolores de toute beauté. L'enchevêtrement des diverses espèces et des couleurs en font de purs chefs d'œuvre artistiques animés par une multitude de petits poissons "d'aquarium". La sur-pêche des récifs dans ces régions (notamment à la dynamite qui malheureusement est encore pratiquée de nos jours!) fait que tout poisson susceptible de finir sur un étal de marché ou dans une assiette n'a pas survécu!

Bien que la pêche n'ait pas à Bornéo le caractère industriel rencontré dans le détroit de Malacca ou sur la côte est de la péninsule (les chinois à Bornéo ayant préféré prospérer dans l'industrie plus juteuse du bois mais aussi dévastatrice pour la faune) , le mal a été fait et seul quelques rares îles, instaurées parcs nationaux avant qu'il ne soit trop tard, permettent un aperçu de ce que tous les récifs furent certainement un jour ! Et même si aujourd'hui certains sites de plongée sur Bornéo sont des "incontournables" reconnus à l'échelle mondiale, comme l'île de Sipadan et quelques autres où se sont développés de grands complexes hôteliers pour recevoir le touriste très en vogue ici, nous avons du mal à admettre, nous plaisanciers que hormis LE SITE PRESERVE, tout autour, la Mer des Célèbes n'est qu'une poubelle charriant plastiques et déchets se déplaçant au fil des courants et marées entre Malaisie, Indonésie et Philippines!!! Comment ne pas réagir devant un superbe hôtel grand luxe édifié à quelques dizaines de mètres d'une plage dépotoir où la baignade n'est même pas envisageable!!!

La côte de Bornéo nous offrira aussi quelques "escales en ville". Kuching & Miri dans l'état du Sarawak à dominance chinoise et indigène (descendant des premiers habitants Malais reconvertis depuis au Christianisme), le Malais n'arrivant qu'en 3ème position. Des villes déjà bien rodées au tourisme sans attrait particulier qui nous donnerait l'envie de nous y attarder.

En remontant l'état de Sabah... Kota Kinabalu, ville moderne, point de départ pour partir visiter les profondeurs de l'état de Sabah.

Puis sur la côte Est, Sandakan et Tawau aux frontières de l'Indonésie et des Philippines.

Même si ici le Malais occupe toujours les postes administratifs et tient les rênes du pouvoir, le chinois plus que jamais commerce, les quelques rares indiens continuent à regarder le temps passer derrière leurs marmites de délicieux curry, nous y rajoutons de nombreux Indonésiens exploités à tout faire et le très contrastant Philippin, celui ayant fui la pauvreté de son pays et qui à l'affût par tous moyens de la bonne affaire nous rappelle à la prudence et à la méfiance, attitudes que nous avions oubliées depuis notre arrivée en Asie du Sud Est!

On se souviendra de la côte Est de Bornéo et de ses mouillages rouleurs... de ses trop nombreuses nuits entrecoupées où les vents dominants pour la saison virent en un clin d'œil à l'approche de grains parfois violents levant la mer et rendant nos mouillages très agités et nos nuits trop courtes.

C'est aussi à Bornéo que nous rencontrerons dans son milieu naturel le nasique, ce grand singe roux, à la longue queue grise et au nez allongé, endémique des forêts de Bornéo. L'avoir approché de si près lors de balades dans la jungle ou de la remontée du fleuve Kinabatang avec Lady Anne restera un must de notre séjour. Encore un peu et on en adoptait un...

Même si aujourd'hui les nombreux parcs nationaux que compte Bornéo montrent une prise de conscience écologique, la déforestation massive de la forêt (ci contre une des innombrables barges croulant sous les troncs d'arbre que nous croisons tous les jours) au profit des plantations de palme pour la production d'huile (1er producteur mondial) a détruit l'habitat de nombreuses espèces qui sont en voie de disparition. Comme les orangs-outans, devenus si rares que l'on ne peut espérer n'en rencontrer presque que dans les parcs de réhabilitation aménagé. Ces parcs (2 sur Bornéo) méritent tous les honneurs pour leurs actions bien difficiles... mais plutôt décevante la brève observation d'une poignée de ces rares animaux depuis une plate-forme où se regroupent quelques minute chaque jour plusieurs centaines de touristes.

Nous rebroussons maintenant chemin... retour vers Singapour et la péninsule de Malaisie qu'il nous faudra atteindre courant octobre avant le changement de mousson. Nous repassons sur nos pas, c'est une chose que le capitaine n'aime pas particulièrement aussi pour une pointe de nouveauté nous ferons fin septembre escale à Brunei, ce riche sultanat enserré coté terre par l'état du Sarawak .

D'ici là, une bonne rentrée, nos amitiés et les bises à tous.

Pascale & Patrick