Du Brésil à l'arc Antillais


8 jours d'escale prévus à Jacaré au Brésil, mais nous voilà pris dans l'ambiance festif du lieu, rapidement initiés aux coutumes Brésiliennes telles que la traître Caipirina, les non moins traîtres Cachacerias, la danse et la musique sur les places publiques, les en-cas tapiocas et les Churrasqueria d'où nous ressortons repus de protéines ; les déplacements en bus et trains locaux qui permettent une immersion 100% locale...
Et du coup, 15 jours se sont écoulés comme de qui rigole, il est temps de repartir.

Quelle remontée le long de la côte Brésilienne! Des conditions de vent idéales malgré une mer plutôt hachée, le passage de l'équateur comme une lettre à la poste, pas une panne de vent, pas une goutte de pluie et quel bonheur de naviguer enfin perpendiculairement aux alizés... La navigation "au portant", certes très confortable mais pas l'allure préférée du cata, Lady Anne en a eu sa dose autour du monde et la voilà ravie de retrouver son allure de prédilection et ses moyennes à plus de 200 miles jour qui font que la mer défile sous les coques à vive allure et nous rapprochent rapidement de nos prochaines escales.

Les Iles du Salut en Guyane, en l'occurence où nous jetons l'ancre pour 48h de repos "sans quart de nuit" et une petite visite aux vestiges de l'ancien bagne . C'était sans compter sur l'arrivée du mauvais temps, un mouillage devenu rouleur comme pas possible avec des creux de plus d'un mètre, une nuit terrible et nous voilà de retour à la case départ, bien plus fatigués qu'après 8 jours de mer et vraiment pas motivés pour lever l'ancre et repartir comme prévu. Qu'à cela ne tienne, la rivière de Kourou nous tend les bras à moins d'une heure sur la côte et là au moins nous espérons y passer une nuit à plat, au calme en attendant l'accalmie qui décidera de notre prochain départ.
L'accès à la rivière Kourou est un chenal très étroit creusé en eau peu profonde et sujet à des courants d'une puissance inouie (jusqu'à 4 à 5 nds en fonction des marnages)... cela mêlé à un vent de Nord Est soutenu, c'est au surf à près de 12 nds que nous nous faisons propulser, Patrick accroché à la barre, jusqu'à l'embouchure, afin de rejoindre le mouillage on ne peut plus boueux, devant Kourou où l'on se croit enfin tranquille. Désillusion totale, les renverses de courant s'opposant au vent rendent la rivière indomptable où les catas aux fardages importants tirent des bords sur leur ancre et balayent tout le monde au passage. Quelle galère... et après avoir réussi à éviter 2 bateaux par on ne sait quelle action de notre bonne étoile combinée à une poussée d'adrénaline qui permet parfois des agissements spontanés et bien calculés on décide de s'enfoncer dans la rivière, tout seul, loin de tout où Lady Anne pourra s'en donner à coeur joie sur son ancre! Nous jouons maintenant les spectateurs à chaque changement de marée regardant les bateaux au mouillage principal s'entrecroiser, s'éviter, se repousser... bref, Kourou nous accueille à reculons tout comme les douaniers d'ailleurs qui tentent par tous les moyens de nous faire avouer que nous trimballons toute une artillerie à bord... mais bon on a la conscience tranquille, donc ça finit bien, même si nous ruminerons quelques heures encore ces douaniers Français, vicieux, agressifs et qui ont tous les droits!

Kourou possède un marché "chino-créole" bien typique, coloré ou nous y trouvons les chinois vendant ramboutans et mangoustans et les guyanais vendant bananes et cocos, mais aussi un large choix de légumes pour quelques emplettes avant de partir.

On ne pouvait pas faire escale à Kourou sans une petite visite guidée au Centre Spatial... Et même si l'on ne nous montre pas grand chose pour cause de "vigie pirate renforcée rouge+++", les explications ont le mérite d'être très complètes et très explicites quand à ce qu'il se passe ici. Un modèle de coopération et de compétence humaine, une organisation et des ingénieurs de "haut vol" dont on ne peut être qu'admiratif. Bravo.

Samedi 13 avril, Lady Anne s'élançait pour les 600 miles la séparant encore du sud de l'Arc Antillais. Lady Anne qui vole littéralement sur l'eau... Depuis le Brésil, la vitesse du bateau nous étonne! L'avons nous allegée sans nous en rendre compte, ou est ce le fait d'avoir changé la voile d'avant pour une voile moitié plus petite et plus raide a la toile qui équilibre mieux le bateau sous ces allures ce qui le rend plus véloce. Une chose certaine aussi c'est que la nouvelle grand voile fabriquée chez Lee Sails à Hong Kong (quand on est content, on hésite pas à faire un petit coup de pub) est nettement plus propulsive que toutes les précédentes d'autant que nous naviguons quasiment tout le temps arrisés!
On vous donne rendez vous à Saint Martin à la fin du mois, pour arroser dignement la boucle bouclée et pour un récit qui clôturera ce tour du monde en 6 ans.
 

Hasta luego
Pascale & Patrick