Les Cocos Keeling et les 2000 miles à travers l'océan Indien vers Rodrigues (23 septembre - 13 octobre 2012)

Depuis le détroit de la Sonde en Indonésie, 4 jours de mer pour notre premier Rendez vous dans le Sud de l'Océan Indien. Un lagon perdu au milieu du grand bleu, et comme chaque fois que se dessine devant les étraves de Lady Anne une île ou une terre nouvelle et inconnue, c'est magique... Apparition soudaine sortant de l'eau qui miles après miles prend forme, le début d'une nouvelle exploration commence à cet instant...

Nous franchissons la passe d'entrée du lagon des Cocos Keeling, prudence, la clarté de l'eau rend difficile l'estimation de la profondeur des patates de corail. Nous sommes toujours aussi émerveillés par tous ces dégradés de bleus, les cocoteraies denses bordées de plages de sable blanc, tout y est pour ancrer dans nos mémoires le cliché parfait d'un superbe atoll.

Nous rejoignons alors les 6 voiliers au mouillage devant Direction Island, îlot inhabité où les plaisanciers sont autorisés à jeter l'ancre.

Atoll du bout du monde, mais escale mythique qui depuis toujours était enfouie au fond de nos têtes pour le cas où... un jour nous passerions à tout hasard par là!!!

Premier contact obligatoire avec les autorités locales où rapidement l'on constate que l'esprit Australien est bien présent pour tout ce que est règles à observer... 4 pages de "on doit" & "on ne doit pas" cent pour cent Australiens... mais décontraction et tolérance sont au rendez vous... atoll oblige!

Deux autres îlots de l'atoll sont habités, Home Island avec ses 500 habitants, musulmans, les "Cocos Malais", tous descendants des Asiatiques introduits aux Cocos au 19ème siècle pour travailler à la récolte du copra (Noix de coco séchée dont on en extrait l'huile).

Et de l'autre côté du Lagon, West Island avec 150 Australiens, pour la plupart employés auprès des différentes fonctions gouvernementales, mutées pour 1 à 3 ans en famille dans cette planque Australienne au paradis!

Vu que 2012 ne fut pas une année docile, ce qui nous à fait prendre un certain retard pour entreprendre cette longue route vers l'Afrique du Sud, nous n'avons certainement pas profité de cette escale comme nous l'aurions du... l'esprit encore trop fatigué des mois précédents font que nous nous sommes gorgés de la quiétude et de la beauté de cet atoll sans pour autant essayer d'en découvrir les richesses sous marines... Sans dire que l'eau de mer à 24° ne nous a pas aidé à franchir le pas!

Quant à la pêche à la traîne en dinghy dans la passe... bredouille à tous les coups et ça après l'expérience des Chagos l'an passé, faut avouer que le Capitaine à vite perdu patience à griller de l'essence pour rien comme il a dit!

Après une petite semaine pendant laquelle une vingtaine de bateaux supplémentaires sont arrivés, c'est reposés et ravis d'avoir retrouvé le monde des navigateurs au long cours que nous attaquions le gros morceau de l'Indien, 2000 miles vers Rodrigues, escale réputée authentique que nous avons mis sur notre route.

Une douzaine de jours de traversée... se résumant à "moitié extrêmement difficile, moitié grand bonheur"! Partis par calme plat et très peu de vent, c'est très rapidement que nous fumes mis dans l'ambiance... 30/35 nds de vent établi qui aurait été très acceptable si la mer par ici n'en faisait pas qu'à sa tête... Une grosse houle d'environ 5m, quoi de plus normal avec un tel vent, mais pourquoi ici plusieurs houles de direction différentes se rencontrent pour créer une mer totalement désordonnée en tout sens??? En tout cas on n'a vraiment pas aimé (tout comme d'ailleurs la vingtaine de bateau à faire même route à quelques jours près)... Voiles plus que réduites pour essayer de ralentir le bateau dans cette mer déchaînée, en faisant le dos rond, Lady Anne s'est toutefois comportée très honorablement et sans soucis majeur, si ce n'est que de ressembler aujourd'hui à un catamaran en croûte de sel!. Si cela n'avait duré qu'un jour ou deux, passe encore... mais au bout de 6 jours, avec la fatigue des nuits de sommeil réduit et la complexité des manœuvres du bord, on se demande vraiment ce que l'on est venu faire ici...

Mais comme chaque fois en mer, le retour à de belles journées de navigation sur une jolie houle régulière permet de minimiser les mauvais moments pour n'en garder qu'un souvenir "à raconter". Le plaisir retrouvé et l'aventure toujours pleine de promesses qui se poursuit chaque jour supplantent et de loin les mauvais moments.

Même pendant ces 6 belles journée sur l'Indien, nous garderons en mémoire un vent toujours fort, une mer organisée mais grossissant rapidement avec le vent, de nombreuses lignes de grains même si nous avons toujours eu la chance de passer à travers, ce qui a entraîné en toute logique un nombre de manœuvre de voiles incroyable.

Samedi matin, aux premières lueurs du jours après 24 heures de navigation on ne peut plus parfaites... Rodrigues, tant attendue, nous apparaissait et quelques heures plus tard nous accueillait pour un repos bien mérité. 4 ou 5 jours d'escale pour nous imprégner des senteurs et couleurs locales que nous ne manquerons de vous décrire dans notre prochain récit.

Pascale & Patrick