Depuis la mare Atlantique Sud.... États d'âmes!

La mare Atlantique ? Nommée ainsi par l'un de nos fidèles lecteurs...

J'emprunte le terme de celui qui, certainement et à juste titre après nous avoir suivi de près dans les caprices de l'Océan Indien et du passage de l'Afrique du Sud, compare cette dernière traversée qui nous ramènera aux Amériques à quelques faciles longueurs de bassin... le canard dans la mare, la partie de plaisir...

C'est vrai, c'est ainsi que nous imaginons cette traversée et pourtant le plongeon dans la mare fut difficile!

Quitter la Namibie, superbe pays à terre, mais peu jouissif en mer où l'on se souviendra de la grisaille, du vent et du froid nous a demandé une grande énergie.

Non pas que le coin nous retenait mais plutôt que l'idée qu'il allait encore falloir affronter quelques nuits de quarts glaciales et humides avant de retrouver un peu de douceurs tropicales tendait à nous faire différer le départ.

Quant à la mare, elle fait quand même quelques 3200 milles jusqu'au Brésil et 5000 milles jusqu'à Trinidad!!! Et c'est vrai que même si depuis notre départ d'Asie il y a 5 mois, les milles nous finissons par ne plus trop les compter, les nuits de quarts non plus, on s'aperçoit que l'Intensité et le Rythme d'un tel retour depuis l'Asie par l'Afrique du Sud, en suivant les obligations liées aux saisons, et les aléas liés aux latitudes sud, finissent par peser sur nos épaules... et l'on se surprend à rêver de navigations côtières tranquilles, ensoleillées et sans surprises, les doigts de pieds presque en éventail!

Comme il se doit, la mare est fidèle a sa réputation (avec un manque certain de régularité dans le vent tout de même) de "cerise sur le gâteau" d'un tour du monde.

Lady Anne semble s'y plaire, en tout cas elle ne se plaint pas et pourvu que ça dure.

Nous prenons le rythme transatlantique, chaque journée passée nous rapprochant du but et aujourd'hui déjà les canards gelés que nous étions commencent à se déplumer... nous nous gorgeons des premiers rayons du soleil apparus timidement au troisième jour et même si ce n'est pas encore les grandes chaleurs surtout la nuit, nos accumulateurs d'énergie humaine semblent reprendre du poil de la bête...

Nous ferons escale 3 jours à Sainte Hélène en début de semaine prochaine, puis avant de nous retrouver au rythme des sambas endiablées il s'écoulera encore environ 14 journées poussés par les alizés.

Bonne journée

Pascale & Patrick