2 semaines à l'île Maurice

Maurice... Île très attachante de par la beauté de ses paysages, son ambiance, ses habitants et son terrain de navigation bien plus agréable que l'on pensait. Voilà une île où l'on serait volontiers restés quelques semaines supplémentaires mais malheureusement notre timing ne nous le permet pas, la saison cyclonique approchant à grands pas, il faut se préparer à rallier l'Afrique du Sud.

Port Louis, la capitale, accueille Lady Anne en plein centre ville pour une grosse séance de paperasserie administrative à n'en plus finir, le tout dans la bonne humeur et la gentillesse, même si cette montagne de papiers et de procédures inutiles ont tendance à exaspérer (pour ne pas dire énerver) mon Capitaine qui fini par perdre patience. Patience qui sera d'ailleurs mise à rude épreuve jour après jour, où à chacun de nos différents mouillages, les gardes côtes (et il y en a dans presque chaque baie) viennent à bord pour remplir une même série de 4 formulaires et s'informer de nos mouvements passés et à venir... Aussi gentils puissent ils être cela fini par peser surtout lorsqu'ils se pointent à 7h le matin ou à 20h le soir!

Si à Rodrigues nous ne pouvions passer incognito... ici on est carrément tracés 24h/24!

Nous finirons quand même par apprendre que Maurice est au cœur d'un sérieux trafic maritime de drogue avec La Réunion, Madagascar et l'Afrique du Sud, d'où cette traque permanente.

Si la majorité de la population de la petite et calme Rodrigues rappelait l'Afrique.... A Maurice, au premier coup d'œil on voit que ça grouille d'Indiens (pas ceux à plumes!), parsemés de quelques métissages Africains et de quelques poignées d'asiatiques.

En Malaisie, nous côtoyions des Indiens vêtus richement de saris brodées de pierres et de dorures, à Maurice ils sont beaucoup plus modestes dans leur tenues de tous les jours, des saris colorés mais sobres.

Beaucoup de bruits, les Indiens sont bruyants de nature. Des étals à la sauvette autorisés (ou peut être tolérés) plein les trottoirs. Chacun essayant de vendre quelque chose! Une grosse majorité de la population est pauvre, il leur faut survivre...

Maurice a 2 facettes extrêmement opposées ; Le Maurice touristique (ressource principale de l'île) où l'on rencontre une population aisée (rares en sont les Indiens) qui vit directement du tourisme grâce à la pratique de prix touristiques, quant aux autres, plus ou moins pauvres, ils vivent bien souvent au jour le jour de petits boulots, de la culture d'un petit lopin de terre ou de l'exploitation de la canne à sucre (seconde ressource du pays mais aussi la cause de leur addiction au rhum qui leur coûtent une grande partie du peu qu'ils gagnent!).

Des marchés splendides aux odeurs de menthe, de coriandre et d'encens.... et bien sur les currys Indiens et toutes leurs spécialités que nous découvrons et dont nous nous régalons dans les "bouis bouis" et sur les marchés. Cette fois encore, une cuisine Indienne différente de celle dont nous avons fait abondance en Malaisie et dont Patrick raffolait. Ici, même si certains plats portent le même nom ou presque qu'en Malaisie, les épices sont travaillées et accommodées un peu différemment, le piment est la plupart du temps rajouté séparément ce qui rend leurs préparations plus goûteuses.

La cerise sur le gâteau pour nous, c'est que les Mauriciens parlent notre langue (d'ailleurs, bizarre première impression que d'entendre un Indien parler Français!!!), ils aiment les Français , et ça, ça fait tomber bien des barrières, ça facilite le contact même avec l'Indien au sourire pourtant parfois difficile.

Une météo très clémente nous a permis de faire le tour de l'île de mouillages en mouillages et d'explorer le superbe lagon sur la côte au vent où nous avons découvert des villages "pêcheurs" authentiques et aux noms bien agréables à l'oreille... comme "Trou d'eau douce", "Bois des Amourettes" ou encore "pamplemousse" plus au nord.

En dehors de l'agitation touristique, l'île Maurice reste un lieu très abordable où il est possible de se nourrir et de se déplacer pour peu, quasiment comme en Asie.

Il faut maintenant partir, les dépressions commencent à pointer leur nez... la route est encore longue avant l'Afrique du Sud.

A très bientôt pour un petit clin d'œil depuis La Réunion.

Pascale & Patrick