Polynésie Française, après 9 mois le bilan

Bonjour,

Lady Anne a quitté la Polynésie Française en direction des Iles Cook... les 600 miles nautiques qui nous séparaient de notre prochaine escale, nous ont laissés le temps de coucher "sur email" quelques conclusions aux 9 derniers mois passés à découvrir une partie de la Polynésie Française.

La Polynésie telle qu'on en rêvait avant d'arriver, nous l'avons trouvée dans les Tuamotus. C'est le paradis pour les marins comme nous car nous y trouvons ce que l'on peut espérer de la mer et des Iles. Une richesse extraordinaire des fonds, poissons et coraux ainsi que la possibilité de récolter son repas tous les jours en variant les plaisirs et tout ça dans une cadre de carte postale... eau transparente, îlots de sable blanc et cocotiers. Les quelques villages parsemés dans certains atolls nous permettent de rencontrer des "Pomotu" (habitant des Tuamotus) tropicalisés et de découvrir leurs principales ressources, la perliculture, la pêche et la récolte du coprah (coco). Les atolls des Tuamotus resteront le must pour nous.

Une autre image est gravée dans nos mémoires... après notre confortable traversée du Pacifique, c'est l'arrivée aux Marquises sur l'Ile de Fatu Hiva. Un paysage jamais encore rencontré, un mouillage qui ne ressemble a aucun autre entre falaises découpées, pitons rocheux, le tout avec une végétation incroyable... Les Marquises, ce sont aussi les fruits à profusion, les ballades en forêt, les cascades, l'artisanat et un peuple incroyablement accueillant. Sur le plan humain, les Marquisiens ont notre préférence... ils ont la nourriture à portée de main (chasse, pêche, fruits) donc ils n'ont besoin de rien d'autre et vivent dans la simplicité et la générosité. Pourquoi donc se prendre le chou!

Après les Marquises et les Tuamotus, Tahiti et les Iles de la Société où vit 80% de la population nous ont ramené à la réalité... Ce sont des Iles hautes, entourées d'un lagon profond (à l'exception de Bora Bora et Maupiti), puis d'une barrière de corail percée d'une ou plusieurs passes d'entrée.

Il est difficile, presque rare de trouver une plage autour des Iles et la profondeur du lagon ne permet pas le mouillage à l'abri de l'île... côté récif on passe de 30m de profondeur à 20cm d'un coup, donc on oublie aussi les mouillages près du récif. Il faut donc chercher les mouillages près des motus (îlots) le long de la barrière, qui pour de nombreux sont privés et où les chiens nous accueillent, sans parler de ceux où les hôtels se sont implantés... Les dizaines hôtels, ce sont eux aussi qui à Bora Bora, alors que le lagon et ses magnifiques dégradés nous laissent admiratifs en arrivant, nous font nous sauver à toutes jambes après 24h à s'être fait secoués par les ferrys, navettes, jet skis et plus encore qui passent à longueur de journée à fond dans le lagon. Que ce soit à Bora où les constructions ont fait fuir les poissons, ou ailleurs dans les Iles de la Société où les lagons ont été sur-péchés, la plongée apnée sur le récif intérieur est sans intérêts à l' exception des jardins de coraux créés par l'homme et où les poissons sont nourris, histoire d'avoir quelque chose à montrer aux touristes.

Notre passage dans les Iles de la Société ne nous laissera pas un souvenir impérissable à l'exception toutefois de Huahiné et de Maupiti.

Les Polynésiens de Tahiti et des Iles de la Société, auxquels nous ne pouvons bien sur pas enlever le côté accueillant, souriant et pacifiste, nous laisserons aussi perplexes et ne nous donnerons pas envie d' approfondir les relations (à quelques exceptions près heureusement!)... leur naïveté, leur manque de culture et de motivation à avancer, à évoluer, à apprendre ainsi que leur triste penchant pour la bière et l'alcool dont ils s'imprégnent tout le week end nous décevra au fil des jours et des rencontres.

Quant à la Polynésienne, la belle "Vahiné" dont tant de marins ont rêvé... vous ne la trouverez qu'à la sortie des collèges... Passés 18 ans, les mensurations de la "vahiné" atteignent 130.130.130... pour 130kgs!!

Revenons à nos îles... Huahiné, nous l'avons arpenté en long en large et en travers, sauvage, authentique et un petit village croquignolet comme on aurait aimé en voir d'autre sur les Iles de la Société. On s'y sent bien.

Maupiti, la dernière Ile la plus à l'ouest nous permettra de terminer notre séjour sur un coup de coeur... Excentrée, et dont la passe ne permet l'entrée que lors de bonnes conditions météo, les 1200 habitants de l'île vivent en dehors du temps.

Nous franchissons la passe avec ses déferlantes de chaque côté, entre 2 superbes motus, qui débouche sur un lagon à couper le souffle (comme à Bora, mais sans les hôtels pour tout gâcher).

Au centre, est planté une petite (à peine 12 km²) île montagneuse (pic à 400m) à échelle humaine et dont la vue, une fois le sommet atteint est grandiose.

Des fleurs, des bananiers & des manguiers partout (on en avait jamais vu autant sur une île si miniature) et il y a même une très belle plage de sable blanc sur la côté Ouest (ce qui est rare dans les Iles de la Société).

Nous y sommes restés 15 jours sans voir le temps passer à explorer, grimper, balader, se baigner, ramasser les fruits et faire quelques rencontres intéressantes...

Mercredi 23 avril... en route toutes voiles dehors... Après 24h, le vent tombe et nous nous traînerons lamentablement jusqu'à Suvarow... dont vous entendrez parler très prochainement!

Sur ce, à bientôt pour le prochain épisode...

Amitiés

Pascale & Patrick