Deux mois en Afrique du Sud, de Richard's Bay (Au Sud de la frontière avec le Mozambique) jusqu'à Cape Town.

A terre, un pays de toute beauté, une faune et des paysages extraordinaires... mais une ambiance électrique qui ne nous fait pas rêver (surtout après l'Asie).

En mer, une grande leçon de navigation et de météo avec l'étude du comportement des dépressions et des anticyclones de l'hémisphère sud... loin d'être une partie de plaisir.

La côte Est de l'Afrique du Sud est un paysage de dunes blanches et de longues plages de sable blanc entrecoupées de quelques villes et grands ports de commerce.

Naviguer de Richard's Bay (ville "moderne" née des emplois que le développement du grand port de commerce a créés, constituée d'un enchevêtrement de rues au carré sans intérêt et dont "le centre ville" n'est en fait qu'un gros centre commercial entouré de lotissements) jusqu'à Port Elizabeth, nous en garderons le souvenir d'un passage obligatoire (maintenant que la Mer Rouge n'est plus envisageable à cause des pirates Somaliens) pour rejoindre l'occident, mais rien de bien transcendant, une météo très capricieuse et des conditions de navigation assez imprévisibles.

Richard's Bay nous permettra une escapade safari remarquable... Les réserves d'Hluluwe/iMfolozi et de St Lucia toutes proches où éléphants, rhinos, buffles, hippopotames, lions, girafes et zèbres (pour ne citer que les plus gros) nous laissent approcher leurs territoires, à petites doses leurs progénitures, certains se laissant contempler paisiblement, d'autres nous gratifiant de bonnes frayeurs!

Une escale à Durban qui s'est un peu trop prolongée à notre goût et ce toujours pour cause de météo qui n'en fait qu'à sa tête. Durban est une grande ville Africaine noire, grouillante, où l'on ne peut se mêler à la population qu'en quelques lieux bien ciblés avec couvre feu à 16h30, tous les magasins ferment et il est alors temps d'aller se mettre à l'abri.

La descente vers Cape Town est un vrai casse tête ou plutôt un jeu de patience... les dépressions de sud-ouest se succèdent toutes les 24h voir 48h exceptionnellement et il faut jongler entre celles ci car il ne fait vraiment pas bon se retrouver en mer pendant les colères d'Éole. Et comme le long de cette côte il n'y a que très peu d'abris la principale occupation aux escales c'est la contemplation des fichiers météo et le savant calcul à savoir si j'y va t'y ou j'y va t'y pas!

Port Elizabeth, ici encore les blancs d'un côté, les noirs de l'autre et un coup de vent mémorable à 64 nœuds où l'on se demande encore comment les pontons branquignols du Yacht Club ont résistés... Port Elizabeth, outre ces excellents calamars et filets de poissons grillés, c'est aussi le virage à angle droit pour longer le sud de l'Afrique et des étapes plus rapprochées qui rendront moins aléatoires les risques de se faire surprendre en mer par un méchant coup de vent. Les phoques font leur apparition et le froid aussi.

Changement radical. Les escales à suivre deviennent intéressantes, des petites villes bien agréables, les différentes ethnies semblent y faire meilleur ménage, et l'on s'y sent plus libres de découvertes...

Une réconciliation avec l'Afrique s'instaure.

Nous négocierons plutôt bien nos différentes étapes et rapidement, sans encombre, Lady Anne franchira le Cap de Bonne Espérance dans des conditions inespérées... ni brouillard, ni vent, ni mer et si ce n'est que nous nous sentons engoncés dans nos polaires, écharpes, bonnets et chaussettes, la beauté des lieux et le mythe du Cap de Bonne Espérance resteront gravés dans nos mémoires.

D'autant que la péninsule du Cap, ce vaste promontoire montagneux remontant jusqu'à la ville de Cape Town et surplombant un littoral spectaculaire est absolument grandiose et magique que ce soit par la route ou par la mer.

Quant à Cape Town (le Cap), dominé par la majestueuse montagne de la Table, nous y rencontrerons une métropole multiraciale où il fait bon se balader, très comparable à une ville Européenne avec de belles rues très propres et animées, de biens jolis jardins, des bâtiments historiques cossus et une architecture intéressante... ici on peut facilement imaginer que l'Apartheid appartient au passé, enfin presque car un prestigieux front de mer touristique à souhait tend à rappeler l'inverse et nul besoin n'est de s'éloigner beaucoup pour retrouver le contraste des townships (bidonvilles) africains.

Et même si ces quelques lignes reconnaissent à l'Afrique du Sud ses nombreux charmes, cela restera pour nous en voilier, un séjour difficile où les trop rares accalmies d'Éole font que le sifflement du vent rageur dans les haubans ont fini par nous saouler, les nuits à lutter contre les éléments dans des marinas encombrées ou le long de pontons peu adaptés à nous fatiguer et par dessus tout, le froid et l'humidité nous ont rappelés en force que nous n'étions pas fait pour ces latitudes!

Malgré tout... nous sommes fiers d'avoir partagé cette expérience avec Lady Anne, notre fidèle et robuste Lady Anne qui file déjà à travers l'Atlantique Sud vers le Brésil via St Hélène.

Notre approche de la Namibie sera contée très prochainement.

Une bonne journée à tous.

Pascale & Patrick