De Sainte Hélène au Brésil


Voilà, cette dernière transatlantique qui s'achève. Il ne reste plus que la toute dernière ligne droite (2200 milles quand même!) vers Saint Martin et le retour à la case départ. 6 ans se seront écoulés, 6 ans pour confirmer une fois encore que la terre est "toujours" ronde!

Un Atlantique sud bien mollasson. C'est vrai qu'en comparaison de l'Indien et l'Afrique c'était bien facile et reposant, mais en ce qui nous concerne, celui ci ne nous laissera pas un grand souvenir!
L'irrégularité du vent sous ces allures trop portantes ne font pas le bonheur de Lady Anne et encore moins du Capitaine qui s'en sera vu à plus d'une reprise pour trouver la solution nec plus ultra pour maximiser la voilure tout en minimisant les à coups, les ragages et les risques d' empannages intempestifs.
Nous avons quand même passé 4 jours sous Spinnaker...
Les alizés qui nous ont poussés jusqu'au Brésil étaient suffisamment faibles pour permettre la navigation sous spi mais ils accéléraient soudainement à la limite du supportable pour une voile aussi légère et fragile. Comme deux bateaux nous précédant, venaient de nous annoncer avoir explosé leur spi sous les accélérations, nous jouions de la prudence en cumulant les manoeuvres parfois scabreuses d' affalement du spi "just in time" pour le re-lancer dès l'accalmie... Malheureusement un matin nous n'avons pas été assez rapide (ou disons que nous avons sous estimé la force du vent) et à notre tour, notre grosse bulle bleue, blanche et rouge s'est ouverte de haut en bas, mettant fin à la période spi et rendant la suite de la traversée plus pénible, Lady Anne n'ayant plus la voile de la situation.
Et puis jour après jour, le vent n'a fait que mollir, changer d'allure sous les masses nuageuses... la tenue des voiles devint difficile et nos estimations d'arrivée différées d'heure en heure et c'est donc impatients et ravis que nous avons touché terre à Cabedelo au Brésil.
Voilà une escale bienvenue avant la remontée vers les Antilles, le passage de l'équateur et le pot au noir avec sa pétole, ses orages et grains violents! En voilà un programme réjouissant!

Mais d'ici là, et avant même les premières Caipirina Brésiliennes et la découverte du coin, c'est boulot intensif pour rendre à Lady Anne son état "normal". Entre les agressions Africaines dues à tout un panel de pollutions ambiantes et au manganèse, au sable du désert de Namibie, au sel, aux dizaines de poissons volants suicidaires qui se sont abattus chaque nuit de traversée sur le pont (et même un directement par un hublot dans le carré, "volant" de coussins en coussins!) laissant odeur et écailles... j'oubliais les calamars et leurs jets d'encre... tout ça sans une averse digne de ce nom depuis... des lustres! Lady Anne n'a jamais été aussi... je n'en trouve même pas le mot! Même la grand voile et les cordages vont avoir besoin d'un grand lessivage! Nous ne repartirons que lorsque Lady Anne brillera comme un sou neuf!

Nous avons choisi cette escale dans le rio Paraiba devant le village de Jacaré (Cabedelo, Joao Pessoa), de réputation tranquille et à échelle humaine pour ce premier contact d'une dizaine de jours avec le Brésil.
Le Brésil est un grand pays à découvrir de l'intérieur, les grandes agglomérations côtières à l'insécurité existante n'offrent plus la liberté de mouillages forains, tout ça est à nos yeux peu compatibles avec Lady Anne, aussi on inscrit sur nos agendas le Brésil pour un grand voyage sac à dos... pour l'après Lady Anne.

A bientôt
Pascale & Patrick