Dur, dur la vie de touristes au Vietnam....

On nous aurait raconté le Vietnam tel que nous allons le faire maintenant.... je ne sais pas si nous l'aurions cru mais peut être alors, n'y serions nous pas allés! Nous étions restés sur des récits de quelques amis et proches datant de 10 à 20 ans, et qui nous avaient tant donné envie de découvrir ce pays... mais voici donc la version 2010.

Vietnamiens... harcèlement et arnaque au touriste, c'est hormis les 2000 photos ramenées ce qui restera ancré dans nos mémoires. Dommage que ce pays si photogénique et où il y a tant à voir soit devenu, certes le fort développement touristique de ces dernières annéese n'y est pas pour rien, un pays à l'accueil si pénible ou le Vietnamien est perpétuellement sur notre dos à essayer de vendre quelques chose avec toujours en tête l'envie de nous blouser. C'est épuisant, met nos nerfs à rude épreuve et rapidement l'envie de quitter le Vietnam devient une idée fixe.

Cette impression perdurera tout au long des 1700 kms entre Hanoi et Saigon, avec toutefois une amélioration vers le Sud et une exception dans le Delta du Mekong qui nous aura réconcilié quelques jours avec des Vietnamiens qui ici n'ont pas encore attrapé le vice et où nous nous régalons de les observer dans leur vie authentique de tous les jours, vie totalement gouvernée par le fleuve et l'agriculture.

Le Vietnam après tant d'années de guerre, mais encore convalescent, s'ouvre au monde extérieur... Russe de préférence, suivi de près par les Européens de l'est. Peuple qui semble trouver à travers le touriste une nouvelle richesse ou vaincre sa pauvreté, selon que l'on observe le Nord ou le Sud, car ce pays réunifié en 1975 montre 2 facettes bien différentes. Impatient et avide, le Vietnamien nous apparait filou, rebelle aux lois où les services sont rarement ceux proposés.

C'est pourtant un superbe pays de plaines et de rizières, un pays d'eau et de soleil aussi où fruits et légumes poussent à profusion, sans oublier l'emblématique chapeau conique et le vélo (bien qu'en voie de disparition au profit de la pétrolette).

La baie d'Along reste un "must". Une fois à bord d'une des innombrables jonques à moteur décorées de 2 petites voiles et en faisant abstraction des milliers de touristes alentours, déambuler dans cette immense baie reste un émerveillement visuel.

Tout autant que la petite ville "modelée pour le touriste" de Hoi An, une minuscule Malacca Malaisienne, totalement charmante, que nous avons eu la chance de découvrir sous une pluie battante, avec ses rue inondées et ses couleurs intensifiées.

Fraicheur et soleil à 1500 m d'altitude, c'est le gros bourg de Dalat, où fruits, fleurs et légumes abondent mais aussi rivières, lacs et cascades... une ville reposante à la campagne où la nature prime.

Le Vietnam, c'est aussi des millions (en croissance exponentielle!) de motocyclettes, des vélos aussi et tous ces engins transportant des charges incroyables, des rues engorgées, le klaxon coincé en permanence, feux rouges, trottoirs, sens interdits, tous les moyens sont bons pour forcer le passage, rien ne les arrête. Circulation très difficile sans aucun respect de la signalisation, du bruit et encore du bruit. Ce n'est pas l'ambiance qui manque, mais malheureusement nous avons eu l'impression de risquer l'accident à chaque déplacement (bus, taxi, moto...). Traverser une rue qui au début relevait du domaine de l'impossible nous semble après quelques jours bien facile... on s'engage sans regarder et surtout on continue à ne jamais regarder le flot déferlant de motos!!! on nous évite... comment? Mystère, mais il en est ainsi!

Un pays surpeuplé, les Vietnamiens sont regroupés dans les zones côtières et les plaines fertiles où la densité d'habitants au km² atteind 6 à 20 fois celle de la France et où les 2/3 de la population a moins de 30 ans. Ça fait bien du monde tout ça... Enormément de jeunes qui font encore, malgré les restrictions à 2 enfants appliquées dans les villes, beaucoup de bébés dès l'adolescence et grillent de l'essence sur leur mobylette toute la journée. Les travaux de voiries, d'entretien, le travail dans les rizières et dans les vergers bref tout ce qui est bien dur, c'est réservé aux femmes (d'age mur) pendant que les hommes sont au bistrot à siroter thé, café et bière locale devant un damier!!! ça laisse perplexe! Notre guide, se devant de justifier cet état de fait devant nos faciès étonnés, nous affirme que le "male" Vietnamien n'est pas un être patient et préfère donc laisser les travaux de longue haleine aux femmes pour qui la Patience est innée!!!

L'arrière pays et les montagnes où sont installées les différentes minorités ethniques offrent une atmosphère plus tranquille, mais l'impossibilité de communication nous gène quelque peu, nous avons vraiment l'impression d'observer des bêtes rares dans leur vie primaire de tous les jours et même s'ils ne sont pas hostiles à notre passage, nous ne nous attardons pas par respect.

Voilà, nous avons fait le tour... tout ça, ça laisse songeur et notre esprit cartésien ne peut s'empêcher de penser que ce n'est pas dans un tel bazar que le pays continuera son évolution... quelque chose va bientôt coincer!

Bien sur, ces quelques lignes n'engagent que nous et que ça ne vous empêche pas d'aller voir de vos propres yeux. Ce sera alors avec une grande attention que nous lirons vos impressions car bien heureusement les plaisirs de chacun sont différents.

C'est sans regret que l'on a retrouvé notre Lady Anne et la Malaisie si paisible et accueillante, que le jour venu c'est sur nous quitterons avec un certain regret.

Oui, l'email est long, mais il fallait détailler un peu et ceux qui auront pris le temps d'aller jusqu'au bout apprendront que Lady Anne part dès février au milieu de l'Océan Indien dans les atolls inhabités des Chagos (à vos atlas!) pour 2 mois en autarcie à la Robinson. Retour vers la Malaisie dès la mi mai pour passer l'été prochain à Bornéo en compagnie des Orangs-outans avant les Philippines.

Encore plein de choses à raconter en 2011.... A bientôt.

Pascale & Patrick