Wallis

Bonjour,

Wallis, nous y avions prévu une escale de 7 jours, voilà 4 semaines que nous y sommes. Bon, d'accord, depuis 1 semaine, nous nous "apprêtons" à partir et y renonçons jour après jour à cause de conditions météo plus que mauvaises (de la pluie, beaucoup beaucoup de vent et bien sur une mer déchaînée).

Mais n'empêche que ce caillou Français du bout du monde, de 75km² à peine, où vivent en harmonie 90% de Wallisiens et 10% de métropolitains, est plus qu'accueillant.

Un territoire authentique où le tourisme n'existe pas et bien que Wallis soit depuis 1961 sous le gouvernement de la République Française pour ce qui est administratif et politique, l'Ile a gardé son organisation coutumière ancestrale où le roi est détenteur de l' autorité coutumière.

C'est vrai que depuis 2 ans et la mort du roi qui était en place depuis 40 ans, c'est plutôt le bazar car l'Ile, bien que minuscule, est partagée en 3 districts (Nord, Centre & Sud) et n'arrive plus à se mettre d'accord dans le choix d'un nouveau roi. Le pays est donc de plus en plus partagé et il est difficile d'imaginer ce qu'il adviendra. Arriveront ils à se réconcilier ou Wallis, comme sa petite soeur Futuna (2 fois moins peuplée) finira avec 2 royaumes indépendants!!

Nous avons eu la chance de vivre la Coutume dans le district du Nord... coutume qui se déroule toujours de la même manière et dont voici un bref aperçu. Le matin, la journée débute à 7h par la messe en costume traditionnel et colliers de fleurs à profusion. S'en suit, la cérémonie du "Kava" à l'attention des chefs et des notables de l'Ile. Une racine réduite en poudre et diluée dans l'eau suivant divers rituels, dans un plat en bois appelé le "Tanoa". Ensuite toujours selon un rituel bien rodé, par ordre de respectabilité les notables se voient apporter une coupe (noix de coco coupée en 2) de Kava qu'ils boivent cul sec. Les effets seraient plutôt anesthésiants et euphorisants (quand ils en parlent, ils appellent ça, leur whisky!).

N'étant pas notables... nous ne l'aurons pas goûté ici, mais on ne perd rien pour attendre car au Fidji la coutume du Kava est beaucoup plus touristique... Pour pouvoir se rendre dans un village, nous devons offrir un paquet de poudre de Kava au chef de village qui prend alors la décision de nous accepter en nous faisant partager la cérémonie du Kava, où alors s'il ne touche pas à notre Kava, ça signifie que nous ne sommes pas accepté et n'avons plus qu'à partir au village d'à côté.

Revenons à notre coutume Wallisienne. Arrive alors le moment des Offrandes... sur ordres des chefs de villages (20 villages à Wallis chacun géré par son chef) ou de son plein gré, le Wallisien fait offrande d'un cochon, d'ignames et de nattes tressées. Une  offrande peut avoir lieu pour se faire pardonner quelque chose, pour remercier ou simplement pour exprimer son admiration et son respect à quelqu'un de supérieur hiérarchiquement. Tout les cochons étendus les quatre fers en l'air au milieu de la place depuis le matin sont alors distribués.

Commence alors le "Kai"... le repas traditionnel préparé par les différents villages et ouvert à tous. Une abondance de nourriture de qualité et de boissons impressionnante. Les métropolitains y sont très bien accueillis car entre les 3 districts, c'est à celui qui nous accueillera le mieux... ce serait un déshonneur d'entendre dire que des métros n'ont pas été bien reçus par tel ou tel district ou que c'était mieux dans tel ou tel autre!

Une fois tout le monde rassasié débute les danses des différents villages du district et là encore une coutume qui je dois le dire nous a laissé sceptique au début. Les danseurs et danseuses se mettent à danser (danses lentes essentiellement basés sur la gestuelle des mains pour les femmes, et plus guerrières pour les hommes) une grande corbeille tressée à leurs pieds. Les notables et Villageois mettent des billets dans la corbeille et dans les corsages ou accrochés aux chignons des danseurs (ses). Le temps passe et les billets sont de plus en plus gros... On nous expliquera ensuite que tout ce qui est récolté dans la corbeille revient au chef du Village qui (après avoir ponctionné son "impôt" on imagine) s'en servira pour l'entretien du village. Tout ce qui est donné aux danseurs, c'est pour eux, mais en fait ils doivent immédiatement le repartager dans le village.

On apprendra aussi qu'il en est de même avec les cochons... quelqu'un reçoit un cochon, il est de coutume d'en prendre un morceau et de partager le reste au sein du village.

Plus le Wallisien offre, plus il est respecté et plus il pourra être aidé au sein du village et de la communauté.

La vie à Wallis est paisible... Tout le monde se salue à longueur de journée, pas de cellulaires, 1 seule chaîne de télé, 1 station radio qui retransmet France Inter la plupart du temps, l'Internet à ses prémices, 2 vols par semaine à destination uniquement de la Nouvelle Calédonie, pas de violence... Mais toujours le problème Polynésien lié à l'Alcool... Qu'est ce qui peut donc faire que les Polynésiens aient cette dépendance à l'Alcool le week end ?

Cette escale nous la mettrons à égalité avec les Marquises pour ce qu'elle nous a apportée, mais toutefois avec un petit plus pour Wallis de part le côté plus instruit et "civilisé" du Wallisien comparé au Marquisien ainsi que pour l'authenticité des traditions (même si bien entendu un monde nous sépare d'eux). Le Wallisien parle relativement bien Français et peut raisonner.

Lors des animations du 14 juillet, nous avons pu aussi constater le respect du Wallisien pour la France et pour l'aide financière qu'elle apporte au pays... Ils en sont très conscients et reconnaissants, les Polynésiens beaucoup moins!

Nous n'avons pas encore parlé du Lagon qui offre quelques mouillages côté Ile de Wallis, mais aussi plusieurs Ilots (Motus) de toute beauté sur la barrière avec de bons abris des vents dominants. Le lagon de par son peu de profondeur n'est pas totalement navigable pour des voiliers comme nous, mais nous sommes partis en expédition picnic, grâce au dinghy sur plusieurs Ilots ravissants où nous avons pu débarquer et jouer les robinsons... ce que nous avions perdu l'habitude de faire dans les Iles de la Société, la plupart des Ilots étant privés et où nous étions pour la plupart accueillis ou plutôt chassés par des chiens.

Wallis nous a pris au piège de son hospitalité et de la beauté de son lagon, mais il va falloir se faire violence et continuer la route, dès que la météo y mettra du sien!

Peu de voiliers autour du monde "détournent" leur route pour faire escale à Wallis. Dommage, mais peut être tant mieux, c'est certainement pour cela que nous y sommes encore si bien reçus.

On s'aperçoit après les Tongas et Wallis, qu'il y a des endroits encore magnifiques et incontournables même après la Polynésie Française ce dont on se réjouit.

Les Fidji, notre prochaine escale à moins de 60h de mer... c'est pour très bientôt avec la suite de nos aventures.

D'ici là, ce sera un plaisir de recevoir quelques nouvelles de vous tous de part le monde,

Bises & Amitiés

Pascale & Patrick