BUNDABERG - DARWIN

via la Grande Barrière de Corail ... sur les Traces du Capitaine COOK,  qui à bord de l'"Endeavour" découvrit "officiellement" le Queensland en  1770.

"Lady Anne" et le Capitaine Patrick...239 ans plus tard....

3000 kms nous séparent de Darwin et 2 bons mois devant nous pour les parcourir

 

Nous nous apprêtons à quitter notre douillet mouillage de Bundaberg en ce week end de Pâques bien pluvieux.... mais très vite notre habituel soleil reprend le dessus et nous voilà à l'embouchure de la rivière près à hisser les voiles....

 

 

.... pour TOWN SEVENTEEN SEVENTY (Town 1770) appelé ainsi en souvenir de la première escale du Capitaine Cook le long de ce qui deviendra par la suite le QUEENSLAND.

 

Lady Anne au mouillage avec les Cacatoès tout autour

 

Escale sympathique, malgré une entrée peu profonde et des bancs de sable un peu partout à marée basse.... Lady Anne caressera d'ailleurs un peu le fond sableux au passage. 

Toujours le même mouillage, mais à marée basse... c'est une vrai plage de sable que nous avons maintenant à quelques mètres du bateau

 

Cap sur l'atoll de LADY MUSGRAVE,  L'eau transparente, la passe d'entrée étroite, mais profonde,  et les patates de corail un peu partout dans le lagon, nous rendent quelque peu nostalgiques en nous remémorant  les Tuamotu en Polynésie Française, ses superbes lagons et ses extraordinaires plongées.

Une photo prise depuis le niveau de la mer n'aurait jamais rendu l'effet "atoll".... D'autres l'ont prise pour nous, on les remercie

A partir de là, le vent faible ne nous permet pas de progresser bien rapidement et nous réduisons nos étapes afin de nous arrêter tous les soirs.

Nous longeons plus ou moins la côte du Queensland qui à ce niveau là est quasiment déserte. Elle est très belle, formée de criques, d'immenses plages de sable blond et de pins.

Nous nous rapprochons du début de la Grande Barrière de Corail et il commence à y avoir des Iles partout. Nous retiendrons l'escale sur la très belle Ile de  PERCY ISLAND où nous retrouvons les cocotiers et un abri où les bateaux marquent leur passage en accrochant un panneau de bois peint ou gravé. 

 

Un dernier mouillage avant les Whitsundays, le haut lieu touristique du Queensland

 

Nous voici maintenant dans les Whitsundays et le vent qui nous faisait défaut jusqu'à présent vient de rentrer.... un peu trop toutefois ce qui rend les mouillages pas des plus confortables. Nous nous arrêterons devant la superbe plage de White Haven et son sable farine sur des kilomètres.

Puis nous contournerons l'Ile par le Nord pour nous abriter dans un des "Inlet" de l'Ile de HOOK ISLAND... Un fiord très profond, mais où la houle arrive quand même à s'infiltrer.

NARA Inlet sur HOOK ISLAND où nous partons pour une petite balade, mais la forêt est si dense que nous n'irons pas loin!

Lady Anne, mais surtout le dinghy de Lady Anne se retrouve très handicapé à cause des marées... pouvant atteindre par endroit jusqu'à 4m. Il nous est très difficile d'envisager de grandes promenades à la découverte des Iles sous peine de retrouver l'annexe échouée et dont les 250 kilos ne peuvent pas être portés ou même traînés jusqu'à retrouver la mer. Seule solution, attendre la marée suivante pour retourner sur Lady Anne, ce qui n'est pas top!

Au réveil ce matin là , un superbe cacatoès blanc vient nous rendre visite et quémander quelques biscuits.  L'Australie restera pour nous aussi le pays où les animaux vivant libres et à l'état sauvage n'ont pas peur des humains et n'hésitent pas à nous approcher. 

Nous ferons encore un mouillage dans les Whitsundays puis rejoindrons la côte sur AIRLIE BEACH car le vent souffle vraiment très fort, ce qui est un peu gênant dans les îles. Par contre nous nous régalons à naviguer  car la  mer est plate à l'abri des Whitsundays et avec le vent fort, Lady Anne vole sur l'eau!

 

 

Notre récit de voyage sur les Whitsundays vous permettra d'en savoir encore plus....

De AIRLIE BEACH à TOWNSVILLE, beaucoup de vent, Lady Anne glisse sur l'eau  et des étapes sans grands intérêts.

Hormis le mouillage du Cap UPSTART avec ses gros rochers ronds

TOWNSVILLE, construite au pied d'une colline rocheuse possède un certain charme, de par son architecture coloniale  et de son bord de mer (The Strand) joliment aménagé d'une longue promenade, de parcs à la végétation tropicale et d'espaces protégés pour la baignade.  Townsville possède plusieurs superbes plages où malheureusement il est interdit de se baigner à cause du nombre important de méduses dangereuses. La ville en elle même est très peu animée car désertée au profit des nombreuses zones commerciales qui se sont créées ses dernières années en périphérie. Le Gouvernement a mis en place divers projets pour aider au re développement du centre ville dans les 5 à 10 ans à venir afin d'y attirer le tourisme.

Ici, le long du bord de mer, encore une autre race de cacatoès aux jolies couleurs.

 

Retour en 1770 : Le 6 juin 1770, James Cook a aperçu une terre sur la côte Nord Est de l'Australie. Cette terre était abritée par un cap à l'Est, formait une grande baie sur l'Ouest et au milieu, il y avait une Ile.
Cook a nommé ce cap et cette baie respectivement Cape Cleveland & Cleveland Bay. L'île qui avait, selon Cook, causée des déviations anormales sur le compas de l'Endeavour, il l'a appelée Magnetical Island qui depuis a été raccourci en Magnetic Island.
TOWNSVILLE n'a été nommée ainsi qu'en 1864 suite à la création d'un port dans le nord de la baie de Cleveland par un écossais. Projet qui a été sponsorisé par Robert TOWNS un businessman et membre du Parlement à Sydney d'où TOWNSVILLE.
 

De TOWNSVILLE à CAIRNS.... de la grisaille, puis une journée de pluie, mais il semble que nous ayons de la chance, les copains à 200 miles derrière nous sont sous des trombes d'eau depuis plusieurs jours!.  Nous recherchons des escales de nuit protégées plutôt qu'attractives. De toute façon, il est difficile de profiter du paysage avec un ciel plombé comme le nôtre et une visibilité qui nous laisse juste apercevoir le bout des coques! Mais nous devons atteindre CAIRNS rapidement pour une escale technique. Un moteur nous a lâché pour une histoire de roulement cassé qu'il va falloir commander et faire changer à CAIRNS.

Un peu au dessus de Townsville, le paysage change radicalement.  Plutôt montagneux, très vert avec la forêt tropicale qui descend jusqu'aux plages.

Une escale sympathique sur une île nommée DUNK ISLAND. 

Retour en 1770 : Le 8 juin 1770, Le Capitaine Cook à bord de l'Endeavour a navigué au milieu d'un petit groupe d'Ile qu'il a nommées THE FAMILY ISLANDS. Ils les a appelées ainsi à cause de leur proximité géographique et de leur similarités. COONANGLEBAH, la plus large des Iles du groupe a été renommée en l'honneur de George Montague Dunk, premier Lord de l'amirauté Britannique. C'est DUNK qui a financé l'expédition de Cook et l'a promu de Lieutenant à Capitaine suite à son triomphant retour d'Australie.

Nous retrouvons des latitudes tropicale et aussi la première île qui ressemble aux Iles du Pacifique avec sable blanc, cocotiers et superbe forêt tropicale. Malheureusement l'eau verte et opaque ne ressemble en rien à l'eau du Pacifique. Nous sommes trop près de la côte du Queensland et de ses nombreuses rivières pour avoir une eau claire.

  

Nous arrivons à CAIRNS le  15 mai, un mois exactement depuis notre départ de Bundaberg et 800 miles nautiques (un peu moins de 1500kms) au compteur.  Outre la réparation de notre moteur, nous ferons aussi quelques approvisionnements pour le second tronçon jusqu'à Darwin... Cairns étant la dernière ville civilisée que nous rencontrerons avant Darwin. La côte du Queensland va maintenant devenir plus sauvage, des forêts tropicales beaucoup plus denses et inexploitées. Seuls quelques tribus aborigènes y sont installées. Nous, nous allons longer la Grande Barrière de Corail qui jusqu'au Cap York (Pointe Nord Est de l'Australie) est très proche du continent.

 

Cairns, où le bord de mer est aménagé d'une immense piscine entourée de jardins tropicaux et de plages de sable pour que les touristes puissent se dorer au soleil et se baigner tout comme s'ils étaient à la plage!

La ville de Cairns est une succession d'agences de voyage et de tours opérators, de restaurants et de pubs. La moyenne d'âge... 30 ans. Et comme à Airlie Beach, tous les jours des dizaines d'énormes bateaux de charter amènent les touristes sur la Grande Barrière.

 

Une très belle Ile sur la Barrière de Corail... Michaelmas Cay, réserve aux millions d'oiseaux.

 

De jolis spécimens se régalent de nos têtes de crevettes du déjeuner jetées depuis le bateau.

 

Au mouillage, un ciel intéressant de par ses couleurs... annonciateur de vent, mais de toute façon dans cette région il en est rarement autrement!

 

LOW ISLET, mouillage sympathique mais rouleur, ça aussi c'est une caractéristique assez généralisée des mouillages de cette région!

 

Notre prochaine journée de navigation nous mènera à COOKTOWN, le dernier village, un peu fantôme avant d'attaquer la péninsule du Cap York et ses terres hostiles. COOKTOWN se situe à l'embouchure d'une rivière où on espère une nuit au calme et à plat.

Vue panoramique de la Rivière Endeavour à l'entrée de COOKTOWN

 

Retour en 1770 : Après le Cap Tribulation, les récifs se faisant plus nombreux, Cook eut beaucoup de mal à trouver une issue vers le Nord et a fini par s'échouer sur le récif qui s'appelle aujourd'hui "Endeavour Reef".

Les Australiens aiment à nous raconter que si ce jour là l'endeavour avait coulé corps et âmes, ils parleraient certainement aujourd'hui Français...

Cook a alors dirigé son bateau très endommagé vers l'embouchure d'une rivière où il a pu échouer l'Endeavour afin de le réparer. La rivière s'appellera Endeavour river et la ville Cooktown. Ils resteront là 48 jours (du 17 juin au 4 août 1770) pour la remise en état du bateau, premier endroit où les Anglais sont restés si longtemps et du coup, pour la première fois des contacts pacifiques arriveront à être établis avec les Aborigènes. C'est aussi à ce moment là que sera donné le nom de Kangourou à l'animal bondissant que les Anglais virent pour la première fois.

 

Spécimen flottant... datant peut être lui aussi de l'époque de COOK!

 

Sous ces latitudes, le chenal formé entre la Grande Barrière et la côte du Queensland est non seulement parsemé de récifs, mais en plus très étroit. Nous devons donc partager la route avec les Cargos... sans oublier toutefois de leur laisser toutes les priorités au risque de finir en petit bois.

 

 

La baie de Lizard Island, mouillage abrité, île intéressante, eau claire et poissons en abondance font de ce mouillage un des favoris des plaisanciers en route vers Darwin

 

Ici, un bénitier géant.  Un bon mètre d'envergure et des couleurs éclatantes.... nous n'en avions encore jamais vu de si gros vivants.

 

Retour en 1770 : Après avoir remis l'Endeavour en état, en Août 1770, le Capitaine Cook reprend sa route vers le Nord, mais il n'est pas au bout de ces peines car il se retrouve très vite dans un labyrinthe de récifs.

Afin de découvrir une issue dans la Grande Barrière il grimpe au sommet de Lizard Island et aperçoit un étroit passage dans le récif, ce qui lui permettrait de s'échapper vers la pleine mer. Sur son livre de bord, il écrira... - traduit ici en Français- " Les seuls animaux que nous ayons vu ici furent des lézards... voilà pourquoi j'ai appelé cette île Lizard Island"

Aujourd'hui cette passe s'appelle le "Passage de Cook". Mais malheureusement les conditions de mer et de vent ne lui permirent pas d'emprunter la passe sans risquer de casser à nouveau son bateau sur les récifs et il continuera donc vers le Nord à l'intérieur de la Barrière jusqu'à emprunter le canal de la Providence qui lui permit de retrouver la pleine mer et le détroit que l'Espagnol Torres avait découvert en 1606 et qui mènera l'Endéavour directement jusqu'à Jakarta sur l'Ile de Java.

Après une semaine à Lizard Island, il est temps de reprendre notre progression vers le Nord. Beaucoup de vent, du soleil et une mer toujours aussi plate à l'abri de la Grande Barrière rendent nos navigations idéales, rapides et très plaisantes pour le plus grand bonheur du Capitaine. Les Iles où nous faisons escale sont belles comme par exemple les Iles FLINDERS, un petit air de Far West dans ce "Far Nord" Australien. Nous y ferons une agréable balade le long de belles plages sauvages,  de jolies mangroves à l'eau claire comme sur la photo ci dessous, mais toujours pas l'ombre d'un crocodile, pourtant principal habitant de la péninsule du Cap York. 

Nos promenades nous mèneront jusqu'à des grottes ayant servies d'habitat à plusieurs tribus Aborigènes par le passé et encore jusqu'au début de la seconde guerre mondiale. Nous y découvrirons quelques unes de leurs peintures rupestres. 

Nous sommes le 6 juin, le vent tombe! Plus la peine espérer progresser rapidement vers le Nord. Nos étapes s'en voit raccourcies et nous profitons de l'aubaine (les accalmies étant rares dans le coin) pour aller explorer le "bout" du bout du monde. A nous les mouillages inaccessibles en tant normal et nous mettons le cap sur les embouchures de rivières généralement non abritées pour s'adonner aux plaisirs de la pêche et de la récolte des crabes qui sont nombreux dans les mangroves.

Le Capitaine est paré... canne à pêche, appâts en tout genre, nasse pour les crabes, têtes de poissons que nous conservons au congélateur pour appâter les crabes, bref tout y est pour une bonne après midi en rivière.  N'a t'il point le Look ?

 

Et certainement la technique d'ailleurs... quelques lancers plus tard (dont un dans les arbres qui demandera quelques acrobaties pour récupérer l'hameçon ... et oui que l'on peut être maladroit dès fois!), quelques poissons de belle taille seront remontés et finiront au four accompagnés de quelques patates et oignons.

Quant aux crabes... alors là, c'est l'apothéose. La nasse est rentabilisée,  le Capitaine très fier de lui et l'aïoli qui accompagnera notre crabe pour le déjeuner déjà montée!

Un peu au Nord de Cairns, nous rencontrons un crevettier dans chaque mouillage. Ils sont en campagne de pêche pour 3 mois et nous leur achetons de superbes gambas fraîches de la nuit pour 4 Euros le kilo!

Retour du vent "musclé" et dernières lignes droites vers le Cap York que nous franchissons le 15 juin. 

Vue depuis le Cap York

Nous quittons la Mer de Corail pour la Mer d'Arafura... avec la traversée des 350 milles du Golfe de Carpentéria. Calme, trop calme (contrairement à sa réputation de golfe agité) pour arriver aux Iles Wessel. Iles plates, aux plages de sable blanc,  nous rappelant étrangement La Blanquilla au Vénézuéla, mais où les militaires sont remplacés par des wallabys et les cactus par les buissons du bush Australien,  tout aussi infranchissables!

Un anticyclone gigantesque couvrant une grande partie de l'Australie est bien installé et pendant plus de 8 jours, c'est pétole complète.  A 2 nds sous spi quand celui ci veut quand même bien se gonfler, puis ensuite plus d'autre choix que le ron ron du moteur pour gagner péniblement quelques milles vers l'Est.  

Depuis le Cap York et jusqu'à Darwin nous serons survolés par les gardes côtes, tantôt l'hélicoptère, tantôt l'avion. Chaque jour, nous aurons droit à leur petit bonjour ainsi qu'aux 4 questions.... nom du bateau, port d'enregistrement, d'où venez vous et où allez vous ???  Peu de chances que quelque clandestin venu de Papouasie arrive à toucher la terre Australienne!

La mer est de plus en plus lisse... le soleil plombe... l'humidité ambiante que nous avions totalement oubliée depuis plusieurs mois à refait son apparition surtout la nuit et au petit jour nous retrouvons le pont de Lady Anne complètement trempé, comme s'il avait plu à verse!

On atteint le CAP DON  avant la dernière ligne droite pour DARWIN où nous ferons une nouvelle recherche de crocodiles en remontant une rivière le long d'une très belle mangrove. Jusqu'à présent, nous n'en avons qu'entre aperçu quelques uns se précipitant à l'eau dès qu'ils entendaient notre moteur.

 
A la recherche des crocodiles....  

Et cette fois, c'est la bonne, un bon pépère se prélasse au soleil... Baignade non recommandée!

 

Un dernier rayon vert, encore quelques milles au moteur et Darwin, notre dernière escale Australienne est atteinte.

 

Sur la plage, la foule attend le coucher de soleil! superbes en l'occurence!

Les derniers préparatifs avant le départ vers l'Indonésie vont bon train et nous profitons notamment des marées qui atteignent 6m ici pour échouer Lady Anne sur la plage pour une dernière toilette sous marine et quelques menus bricolages sur les hélices qui pour cause de crocodiles ne pouvaient pas être faites sous l'eau.

Sur l'Adélaïde River, nous partons découvrir quelques spécimens de crocodiles dans leur milieu naturel. Il y en a une quantité impressionnante dans les territoires du nord et de nombreux accidents sont malheureusement à déplorer chaque année.

 

Le 18 juillet nous hisserons nos voiles vers l'Indonésie, nouveaux paysages, nouvelles cultures... et toujours cet attrait de la découverte grâce auquel notre envie de voyager perdure.